Attribution des skis et surfs du 20 au 24/11/17 de 15h à 18h maison du personnel de la Banque de France avenue Montjoly.
Section ski/ surf
Gants, Bonnet, Lunettes, Skis, Forfait, Chaussettes
10 boulevard Duclaux 63400 chamalières

Le Jura en ski de fond

C’est dans la petite station de Morbier que nous avons choisi de poser nos sacs cette année, et plus particulièrement au gîte Les Gentianes où nous attends Patrice Bailly-Salins. Cela ne vous dit rien ? Mais si, en 1994, il est médaillé olympique de biathlon par équipe (bronze) et remporte la même année le gros globe de cristal (classement général) et est champion du monde de sprint en 1995. Nous sommes impressionnés…
 
Nous sommes 11, logés dans 2 grands appartements dans le même coin du gite, la cuisine commune nous est réservée et une piscine est à notre disposition. Cette année, Aurélien est gâté : il a un grand lit pour lui tout seul !
 
Vendredi, nous nous levons avec la pluie. Alors, seuls 3 courageux acceptent de se mouiller 2 fois dans la même journée. Bien leur en a pris, car au départ des pistes, un peu plus haut, c’est de la neige qui tombe. Chaussures et gants sur les radiateurs le temps du repas et nous repartons tous ensemble pour l’après-midi, sous une belle neige. Les plus forts partent pour Chapelle-des-bois. Le retour a paru bien long, car la neige fraiche et profonde n’est pas l’amie des skateurs : il faut lever les pieds et pousser encore plus sur les bâtons. Par contre, c’est plutôt plaisant sous les arbres pour Thierry C. notre débutant. Annick a en effet mis en application son monitorat pour la première fois. De retour au gîte, préparation collective du repas, puis direction la piscine où nous engageons une infernale partie de volley. Cette nuit, il faudra remettre de l’eau… L’apéritif, le repas et une séance de fartage permettent à tous d’aller se coucher bien préparés pour le lendemain.
 
 Samedi, nous partons en minibus et voiture vers Chapelle-des-bois pour que tout le monde puisse découvrir cette station. 2 groupes se forment. Le hasard nous fait nous rencontrer au milieu de la matinée. Quelques centaines de mètres de ski ensemble, un arrêt pour regarder le passage de 2 équipages de chien de traineaux et nous repartons en 2 groupes… mais pas les mêmes !
Le repas sera finalement pris au gîte. Après un petit counit’ (sieste sur un coin de table), Aurélien choisit la course à pied, Thierry N. et Pierre choisissent la sieste, la piscine et l’échauffement à la guitare et au chant pour le concert du soir, et les autres le ski. Les plus courageux s’engagent sur la piste Sylvain Guillaume, annoncée en station à 20 km, mais 16 km sur le plan des pistes et finalement 13 km sur le GPS de Daniel. Dans l’enthousiasme de ce constat, nous repartons pour une petite boucle afin d’arrondir le kilométrage de l’après-midi à 20km et finissons par un détour par le Nordic ski cross, il reste des progrès à faire sur le tremplin…. L’autre groupe de skieurs choisit de rester entre Chapelle-des-bois et Bellefontaine. Sans plan des pistes pour se diriger, il est difficile de faire confiance aux autres skieurs qui donnent des conseils avisés mais très différents. Heureusement, tout le monde retrouve le minibus, à moins que ce soit le minibus qui retrouve chacun…
 
Dimanche, nous skions à nouveau à Morbier pour se poser au milieu des pistes et regarder passer les coureurs de l’Envolée Nordique, course de 42 km, par équipe, au départ de Chapelle-des-bois. La neige s’est refroidie et a durci. La vitesse des premiers est impressionnante, le courage des derniers est méritoire. Nous croisons Anaïs Bescond, originaire de Morbier, qui est venue encourager ses amis coureurs. Après leur passage, nous partons à notre tour profiter des bonnes conditions de glisse et du jour. Le soleil nous fait découvrir un paysage différent et rend les pistes plus glissantes. Thierry peut mesurer les progrès accomplis depuis le début du week-end. A midi, une douche rapide, rangement et nettoyage du gîte, resto à Morbier et nous rentrons pour notre chère Auvergne.
 
L’animation des soirées a été assurée par l’ensemble des participants, avec Pierre à la guitare, Pierre et Titi au chant et les autres dans un chœur enthousiaste mais qui possède une grande marge de progression. Daniel a donné le tempo dans les autres domaines : ski, natation, et boissons de récupération après l’effort. Chacun a pu repérer les disciplines à travailler. Seul le chant nous a permis de le dépasser un peu.
 
Pour finir, un peu de culture générale : comment fait-on la raie gris-bleu au milieu du fromage Morbier ?
Retour en arrière, il y a quelques siècles, sur les hauts plateaux enneigés du massif jurassien, balayés par les vents glaciaux de l’hiver. La Franche-Comté, malgré son altitude modeste – 1 400 mètres au maximum –, est l’une des régions les plus froides de France (jusqu’à – 30 degrés…). Chaque ferme se retrouve alors isolée, sans moyen de communication avec le village, siège de la fromagerie collective, la « fruitière », où converge le lait des fermes avoisinantes et où l’on fabrique le comté.
Vous ne voyez toujours pas le rapport avec la raie cendrée ? Poursuivons : pas question de laisser partir le lait d’hiver au ruisseau ! Les paysans ont donc appris à fabriquer, dans leur âtre, un fromage plus petit, de 8 à 10 kilos. La production étant faible en hiver, chaque traite, celle du matin et celle du soir, ne suffit pas à elle seule pour fabriquer un fromage. Le fermier fait donc « prendre » le lait d’une traite et, dans l’attente de la suivante, recouvre le caillé de cendres pour le protéger des insectes et des mouches, en prélevant de la suie mélangée de cendres « au cul du chaudron ». Et d’attendre le fruit d’une nouvelle traite pour assembler le tout. Ainsi est né le morbier, et sa fameuse raie noire. Une recette très empirique, pleine de bon sens paysan.
 
Et toujours la même conclusion : un week-end convivial, du sport chacun à son niveau, un esprit d’équipe et d’entre-aide jusque dans la préparation des repas : que de bons souvenirs.
 
A l’année prochaine !